Bien avant d’être auto-entrepreneure, je suis une femme, et même, une féministe.
Ceci n’est pas un gros mot, mais plutôt un terme générique pour désigner une personne qui lutte contre les oppressions et discriminations à l’encontre du sexe féminin.

Ce combat féministe, qui reste d’une importance capitale en 2016, existe aussi, et depuis longtemps, dans la pratique artistique.

Il y aurait beaucoup à dire sur les artistes et le féminisme, mais, pour cette fois-ci, nous allons nous contenter de parler de 2 groupes, qui ont lutté, à leur manière, pour le droit des femmes.

Groupé fondé en 1985, les Guerrilla Girls se composent de femmes dissimulant leur visage sous des masques de gorilles lors de leurs apparitions en public. Le but de cet anonymat étant de concentrer l’attention sur le message, plutôt que sur leurs personnalités.
De 1985 aux années 2000, une centaine de femmes ont fait partie du groupe, participant à la dénonciation de la discrimination dans le milieu artistique au moyen d’affiches, de publications, et de différentes actions ou happenings.
A l’aube du 21ème siècle, le groupe initial s’est scindé en 3 entités indépendantes, toujours actives à travers le monde entier à ce jour.
Les Guerrilla Girls sont aujourd’hui présentes dans de nombreuses collections à travers le monde, notamment quelques unes des plus grandes, comme le Museum of Modern Art de New York, la Tate Modern de Londres ou encore le Centre Pompidou à Paris.

« Les femmes doivent-elles être nues pour rentrer au Metropolitan Museum (New York) ? » – 2012

 

« Je ne suis pas féminisme, mais… » – 2009 Sur la problématique de la place des femmes dans les musées en Irlande

 

« Les avantages à être une femme artiste » – 1988

 

Pour en savoir + : site officiel des Guerrilla Girls

 

Dans les années 1970, un groupe d’artistes, photographes pour la plupart, mais aussi illustratrices ou encore écrivaines, se définissant à la fois comme socialistes (au sens initial du terme, rien à voir avec le parti politique français) et féministes, cherche à dénoncer les inégalités sociales subies par les femmes, à Hackney, banlieue est de Londres, l’un des quartiers les plus pauvres de la ville.
Leur nom est un jeu de mots entre le flash de l’appareil photo – leur medium de prédilection – et le fait de « mettre en lumière » des problématiques de la société.
Leur action s’articule en 3 projets majeurs :

 – 1975 : « Women and work« , sur le rôle de la femme dans l’économie et le combat pour l’égalité des salaires

hackney flashers women and work

« Il y a de l’espoir pour le changement. C’est pourquoi nous devons nous battre »

 

hackney flashers working womens charter

« Charte des Femmes au travail ». Le document réclame égalité de l’accès aux postes et promotions, égalité des salaires, un meilleur accès aux crèches, aux soins, à la contraception, aux allocations familiales…

 

– 1978 : « Who’s holding the baby« , dénonçant le manque de systèmes de garde d’enfant pour les mères qui travaillent

hachney flashers cutex montage

Montage sur pub Cutex questionnant les multiples rôles de la femme

 

hackney flashers mothers montage

« De quoi sont faites les mères » – Montage

 – 1980 : « Domestic Labour and Visual Representation » : répondant à de nombreuses demandes, le groupe édite un « pack éducatif » comprenant un livret et 24 diapositives.

Le groupe comprend des personnalités très variées et venant d’horizons différents, certaines étant des féministes engagées, d’autres étant plus intéressées par l’aspect « politique » de leur action.
Au début des années 1980, les divergences d’opinions politiques, ainsi que des envies nouvelles, séparent le groupe.

Pour en savoir + : site officiel des Hackney Flashers

 

Bien sûr, ce ne sont là que deux groupes parmi tant d’autres, et j’explorerai cette thématique au travers de nombreuses autres artistes au fur et à mesure du temps.

Sandrine