Artistes, quelques astuces

Artistes, quelques astuces

Pro-tips à l’attention des artistes plasticiens

En tant qu’agent aussi bien qu’en tant que galeriste, je suis souvent sollicitée pour des conseils, tout autant que je vois passer des choses, dans les dossiers ou dans la façon dont on m’aborde parfois, qui me font grincer des dents. La façon dont vous vous présentez peut être aussi importante que la qualité de votre travail en soi, et il y a plein de petites astuces qui peuvent aider à faciliter le travail de celles et ceux que vous démarchez, et leur donner envie de creuser + loin.

Dans cet article, je dresse une liste (non-exhaustive) de points de détails qui peuvent parfois faire la différence. J’écris en fonction de ce à quoi je pense, soyez indulgent-e-s !

  • Les dimensions d’une oeuvre se précisent toujours selon un rapport hauteur x largeur et non largeur x hauteur. C’est important surtout dans les œuvres abstraites pour lesquelles le sens de lecture n’est pas toujours évident.
  • Pensez bien à TOUJOURS signer vos œuvres. Au bas de l’oeuvre, ou à l’arrière de la toile, pourquoi pas, il est CAPITAL que vos œuvres puissent vous être attribuées sans doute aucun. Attention toutefois, la signature doit rester relativement discrète pour ne pas risquer de déséquilibrer une composition.
  • Restez dans des grilles de tarifs cohérentes. J’utilise un système de produit en croix pour établir les tarifs des œuvres en fonction de leur dimension. Je vais m’attarder un peu là-dessus. On a tendance à vouloir établir ses prix en fonction du temps passé sur une oeuvre, ou de l’attachement émotionnel qui nous lie à elle. Dans la réalité, le client ne voit pas ça. Dans la réalité, le client voit le support (toile, papier, etc), la technique (huile, acrylique, etc), et les dimensions de l’oeuvre. C’est pourquoi on recommande, à techniques et supports égaux, de se baser sur les dimensions pour établir ses prix. Une fois le prix d’une oeuvre établie (selon votre propre évaluation), voici ma méthode de calcul :
    J’additionne les chiffres de la hauteur et de la longueur, le résultat obtenu étant un nombre de « points ». Les points de ma première oeuvre valent une telle somme (le montant établi ci-avant). Il ne me reste plus qu’à calculer les « points » de chaque oeuvre suivante, et d’appliquer mon produit en croix pour obtenir les tarifs des suivantes.
    En cas de doute, je reste à votre disposition pour vous aider à établir vos prix, sur demande !
    Pour les peintres utilisant des formats de châssis traditionnels (Figure – Marine – Paysage), vous pouvez également vous référer à la proposition d’Amylee sur l’établissement des prix.
  • Ne vous déplacez pas en galerie avec vos œuvres sur le bras sans rendez-vous préalable. La plupart des galeries ont des critères de sélection, et n’ont pas toujours le temps (c’est mon cas) ou l’envie d’être sollicité-e-s à longueur de journée par des artistes ne rentrant pas dans leurs lignes artistiques. Un peu de veille sur internet pour voir si les œuvres déjà présentées vous semblent compatibles avec les autres, ou pour voir si la Galerie explique quelque part sa ligne artistique ou ses modalités de sélection etc.
  • Envoyez des dossiers par mail. Ne vous contentez pas d’un lien vers un site web ou une page FB. Inutile que le dossier soit trop volumineux, mais envoyez des pdf : un texte sur votre démarche, un CV résumant les expositions auxquelles vous avez déjà participé (en précisant les expos personnelles et les expos collectives) et des visuels récents et de bonne qualité. Si vous dessinez : scannez vos A4, et rendez-vous dans une imprimerie pour faire scanner en HD, sans que ça coûte trop cher, les formats les + grands. Pour la peinture, si vous faites des photos au smartphone, tâchez d’incliner de la même façon le tableau et le téléphone, et recadrez votre photo pour qu’elle ne contienne que l’oeuvre. Si vous en avez les moyens, faites réaliser les photos par un professionnel.
  • Si vous tenez à vous déplacer en galerie, un petit tour de l’expo avant de dégainer votre carte de visite est appréciable. Demandez aussi à la personne qui vous reçoit si elle a le temps de vous parler, mais aussi si c’est elle qui s’occupe de « recruter » de nouveaux artistes, et quelles sont les modalités. Ne démarrez pas bille en tête en l’ignorant, même si vous êtes en train de faire quelque chose qui est stressant pour vous, et qu’on espère toujours obtenir plus en forçant un peu qu’en laissant la place au refus. Personnellement, je déteste qu’on ne me laisse pas en placer une, qu’on ne fasse même pas semblant de s’intéresser à mon travail, et qu’on me fasse le coup du « commercial pied-dans-la-porte ». Avec moi, votre carte de visite risque plutôt de s’échouer au fond d’un tiroir sans être regardée si je me sens braquée.
  • Par mail, soyez clair-e-s sur ce que vous recherchez. Encore une fois, je parle de mon cas, mais ça peut s’appliquer dans plein de situations. Cherchez-vous un agent ? Une galerie où exposer ? Du coaching ? Les offres peuvent parfois être multiples, parfois non et c’est plus facile, mais allez à l’essentiel. Pensez qu’on est souvent sollicité-e-s plusieurs fois par jour, tous les jours, et qu’on veut avoir le choix d’être intéressé-e ou non. Un mail-fleuve que je dois passer 5 minutes à lire pour trouver l’information qui m’intéresse va être moins regardé qu’un mail court qui joint les documents souhaités, que je vais pouvoir parcourir rapidement. Si je suis intéressée, je vais ensuite passer aux réseaux sociaux de l’artiste : une page FB, un compte instagram.
  • Faites-vous un site internet propre et sobre, qui reflète votre travail. En 2020, fini les fonds d’écran rigolos avec des palmiers/chatons/cœurs qui clignotent. Les polices d’écriture doivent être lisibles, les images claires : on veut voir votre travail, et moins le fond est neutre, plus il risque de parasiter vos œuvres.

Voilà, un peu en vrac, une liste de pensées sur les choses à faire / à ne pas faire. Bien sûr, il n’y a pas une vérité unique, je n’ai pas la science infuse, mais j’ai dix ans d’expérience dans ce métier, que j’essaye de mettre à votre service.

N’oubliez d’ailleurs pas que, en dehors du forfait mensuel proposé à l’agence, je peux vous proposer du coaching « sur-mesure », à l’heure, sur rendez-vous, pour toutes vos questions ! Pour cela, il suffit de me contacter par mail à agence@volcanicarts.fr 🙂