« Au départ attirée par le toucher sensuel de la matière du papier radio, j’ai commencé à le découper pour en faire des pochoirs, puis j’ai eu l’idée de le peindre à l’acrylique en m’appuyant sur la vision en transparence de l’organisme représenté. J’ai fait travailler mon imaginaire en imaginant des formes surgissant des os et des organes. Possédant un négatoscope, j’ai visionné alors le travail effectué et me suis aperçue qu’il y avait deux approches de l’œuvre : en lumière (c’est-à-dire éclairée pour que l’on puisse voir les couleurs) et lumineuse ( éclairée par derrière par les ampoules )

Désormais je continue ma recherche sur ce matériau en le pyrogravant, le scarifiant, et autres triturages en cours…

Ce travail a également pris une tournure plus profonde au-delà de la simple imagination stimulée par les formes. Je me suis concentrée sur la réalité du support, que c’était évidemment l’intérieur de vraies personnes que je mettais au jour, ce qui transforme mon travail en quelque chose de plus intime, une sorte de transmutation vaudou mais aussi une sublimation des corps internes, une mise en lumière de ce qui existe en chacun sans qu’on le voie de premier abord.

Une amie m’a demandé de transformer ainsi les radios de ses grands-parents décédés pour qu’ainsi «  ils participent à une œuvre d’art, ce qu’ils auraient adoré de leur vivant ! »

Je me suis sentie tout à coup été investie d’une mission de pérennisation d’âmes en quelque sorte et motivée à partir dans quelque chose de plus poétique. Je m’attaque aussi aux animaux car il sont aussi comme nous les humains, avec des os et des organes. A l’intérieur, nous sommes si semblables. »